Prologue

 

Il y a des larmes d’amour qui dureront plus longtemps que les étoiles du ciel.
Charles Péguy

Il s’appelait Alexandre et ses copains l’appelaient tous Alex.

 La première fois que je le vis, j’avais onze ans, lui dix-huit et était un copain de mon frère Antoine. Comme toutes les petites filles de cet âge, je croyais au prince charmant décrit dans les contes de fées et la petite fille que j’étais ne put pas résister au charme, à la gentillesse et à la douceur de ce grand (un mètre quatre-vingt neuf) garçon blond, à ses yeux si clairs, à son si beau sourire et surtout, surtout, à sa voix si douce. Si mon cœur battit immédiatement la chamade au premier regard que je posai sur cet ange blond, lui par contre ne me vit pas. Il ne voyait en moi que la petite sœur de son copain. Quoi de plus naturel ? J’étais encore une petite fille tandis que lui n’était plus un adolescent, mais déjà un homme. Pendant les deux années où je le côtoyais, je l’admirais, l’adorais, sans qu’il n’ait pu un seul instant se douter des sentiments qu’il m’inspirait. Chaque fois qu’il venait chez mes parents j’étais subjuguée par sa beauté et sa gentillesse. Je le regardais toujours avec de grands yeux ébahis mais ne lui parlais presque pas, trop tétanisée pour oser lui adresser la parole. Il avait toujours un petit mot gentil pour moi, comme il l’aurait eu pour la petite sœur que ce fils unique n’avait jamais eue. Chaque fois que je le voyais ou qu’il m’adressait la parole, mon cœur s’emballait.
Il était le prince charmant des contes de fées, il était le prince de mes rêves et réellement charmant… 

 À la fin de sa première année de médecine Alexandre partit à Paris pour y suivre des études de masseur-kinésithérapeute et je ne le vis plus. Pendant les quatre années où il y vécut, il ne revenait à Bordeaux que pour de rares week-ends. Et puis mon frère partit s’installer lui aussi à Paris pour finir ses études et je n’eus donc plus l’occasion de le voir. Bien sûr comme Alexandre et Antoine vivaient dans la même ville, ils continuaient de se fréquenter, mais il ne venait plus chez mes parents lorsqu’il était à Bordeaux. Je continuais de penser à lui et espérais toujours le revoir…

 Pendant toutes ces années où il fut loin de moi, la petite fille de douze ans que j’étais quand il partit, grandit et se transforma. Je ne le vis pas pendant quatre ans, jusqu’à ce jour de juillet 1988 où nos chemins se croisèrent à nouveau et où son regard sur moi changea.
J’avais seize ans et demi, lui sept de plus, et, au regard qu’il posa sur moi ce jour-là, il semblait qu’il me voyait pour la toute première fois…

La suite : 23 juillet 1988


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